mercredi 17 septembre 2014

François Lambert


François Lambert naquit  le 17 (et non le 7)  janvier 1893 à la Lande*, de père inconnu. Sa mère, Françoise Lambert, était cultivatrice. L'enfant a été présenté par son grand-père. Les témoins étaient Jean Aublant, charbonnier à la Lande et Jean Lascaud, cultivateur à Nègre-Vergne. De la classe 13, François Lambert, comme Noël Dieuaide effectuait donc son service militaire au moment où la guerre a été déclarée.
*Le lieu-dit la Lande ne compte qu'une maison, propriété de M. Conjaud. Les maisons voisines appartiennent à la commune de Dussac.
Il existe à proximité et sur Clermont un autre hameau de deux maisons : la Lande du Ferrat.


Pour François Lambert, cent ans après, cette étrange guirlande


lundi 15 septembre 2014

Victorien Constant


Victorien Constant naquit bien le 14 juillet 1881, mais pas à Excideuil ! 
Ses parents (Pierre Constant et son épouse née Marie Flageat) occupaient déjà la ferme de la Lande de Javerzac.
Victorien Constant avait épousé en 1905 Marie Lascaux originaire de Sarrazac. Ils eurent un fils, Julien, le père de Guy, maire actuel de Clermont.
la serve, à la Lande de Javerzac

"Dès le 6 septembre 1914, le Mont Moret à Courdemanges va devenir l’enjeu principal des combats autour de Vitry-le-François. Comme sur les autres secteurs de la bataille de la Marne, c’est sur ce mamelon de la côte 153 que le sacrifice des soldats français a fait basculer le sort des armes.. 

La landwehr saxonne s’empare de Courdemanges et du Mont Moret le 6 septembre face aux troupes coloniales françaises. Epuisés et décimés, les coloniaux ont du mal à contenir les troupes allemandes. Le 8 septembre, les fantassins des 126ème et du 326ème R.I. de Brive la Gaillarde, renforcés par un bataillon du 21ème R.I.C. (recrutement de Paris) reprennent d’assaut la côte 153. Dès lors et durant deux jours, les allemands vont bombarder violemment et contre attaquer cette hauteur devenue la charnière de la partie Est du champ de bataille de la Marne. 

L’armée allemande est stoppée sur toute la ligne de front et donnant des signes de lassitude, elle amorce sa retraite le 10 septembre au soir. Les hommes des 126ème et 326ème R.I. descendent les pentes bouleversées du Mont Moret pour rejoindre Blacy, Loisy et Couvrot le 11 septembre. 

Aujourd’hui, ce mont porte à certains endroits encore les stigmates de cet affrontement (excavations d’obus,…), empreintes tragiques que le temps n’a pas effacées. Cette modeste hauteur coiffe le sud du pays vitryat et témoigne de son importance, par la lecture du paysage qu’elle permet."

Dans l'acte de décès retranscrit dans nos registres dès 1916, il est dit que Victorien Constant a été tué à Chatelraould-Saint-Louvent. Thièblemont et Courdemanges sont des communes voisines, dans la Marne, près de Vitry-le-François.
Extrait de l'acte :
Conformément à l'article 77 du Code Civil, nous nous sommes transportés auprès de la personne décédée et assurés de la réalité du décès. Nous n'avons pas pu nous transporter auprès de la personne décédée en raison de nos fonctions spéciales et des circonstances du combat.
Il est donc sous-entendu que le corps n'a pas été retrouvé, (le soldat Constant ayant vraisemblablement péri sous les tirs d'obus). Un sergent et un caporal témoignent  de la mort, à 15 h sur le champ de bataille...
Javerzac, 13 septembre 2014, fleurs bleues et vieilles pierres

mercredi 10 septembre 2014

Joseph Devaux

Joseph Devaux naquit le 10 avril 1890 à Puyssegeney, fils d'Anne Tallet et de son époux Firmin Devaux (qui signait Deveaux). La ferme familiale (détruite plus tard par un incendie) se situait sur le terrain de la maison de la famille Jacquot. 

Ernest T(h)omasson et Joseph Dev(e)aux, sensiblement du même âge et proches voisins, ont sans doute été mobilisés le même jour. Ils ont dû prendre les mêmes trains et subir ensemble les  marches épuisantes de la fin août 14. Joseph a-t-il eu le temps d'apprendre la mort d'Ernest ? Quelle famille a été prévenue la première du décès de son enfant ? Pourquoi le sort semblait-il s'acharner sur ce hameau ?
Joseph Devaux repose à Sedan, dans le  carré militaire St-Charles, tombe 266.
En hommage, ce bleu-blanc-rouge végétal...
Gandumas, septembre 2014, prunelles, chardon, alises



lundi 1 septembre 2014

Ernest Tomasson



Ernest Tomasson naquit à Puyssegeney* le 9 octobre 1889, de  Léonard Tomasson, cultivateur et de son épouse Elise Laplagne. Il fut mobilisé début août en tant que caporal au  7ème RI et disparut à Sainte-Marie-à-Py (Marne) le 2 septembre 1914. Un jugement du 4 juin 1920 le reconnut Mort pour la France.
Sur notre monument, son nom est écrit Thomasson. 
* L'orthographe du hameau a évolué : on écrit plus volontiers Puyssegenet de nos jours.  Je n'ai jamais pensé que ce toponyme évoque les puits et les genêts et j'ai plutôt choisi, en hommage à ce jeune homme, ces glands de la fin du mois d'août.
 Nous ignorons dans quelle ferme vivait la famille T(h)omasson. 


Sainte-Marie-à-Py se situe à la limite du département des Ardennes. La population de ce village était de 414 en 1911 et de 194 en 1921 et n'a pas vraiment remontée depuis. Le village a été longuement occupé par l'armée allemande. Sur son territoire se trouve le monument aux Morts des Armées de Champagne.




Le village occupé pendant la Première Guerre mondiale, 

autochrome de Hans Hildenbrand de 1915 .

mardi 26 août 2014

Noël Dieuaide


Noël Dieuaide est le premier Clermontois Mort pour la France, le 28 août 1914.
Ce tout jeune homme était né le 25 décembre 1893, dans la petite maison familiale, celle où vit aujourd'hui Aurélie Foueytille. On dit que c'est "au bourg" mais à l'époque, on disait "le Bost". Son père s'appelait Jean, sa mère Jeanne Elier. Le couple eut 7 enfants, dont Zélia (Zélie Foueytille, épicière) qui reprendra avec son mari la maison et la fera agrandir.
Le jeune Noël, de la classe 13, avait été appelé sous les drapeaux pour une durée de 3 ans. Il était au 78° RI. Son régiment, ainsi que toute la 23ème division d'infanterie, avait été dirigé vers la frontière belge afin d'empêcher la progression de l'armée allemande. Mais il avait fallu battre en retraite le 22 août. Le 27 août, le régiment était à Raucourt et le 28, il fut engagé dans un violent combat, face aux mitrailleuses ennemies. Les pertes furent très sérieuses : 21 officiers, 48 sous-officiers, 835 caporaux et soldats.
Noël Dieuaide est porté disparu puis reconnu Mort pour la France par jugement du 22 octobre 1920. Il repose à la nécropole nationale de Sedan-Torcy (sépulture 445). 






lundi 11 août 2014

La mobilisation

Dans le livre Jules Matrat (du nom du héros, paysan dans la région de Saint-Etienne), Charles Exbrayat raconte la journée du 3 août 1914.

Les Matrat ramassaient le foin juste derrière leur ferme. Le soleil de midi tapait dur. Jules avait enlevé sa chemise et, torse nu, jetait de lourdes fourchées au Tonin qui, debout sur la voiture, les répartissait. Le char rempli, les deux hommes unirent leurs efforts afin de tendre la corde qui maintenait le chargement, et Jules passa devant les boeufs pour les faire avancer...
 ... En les entendant venir, la Guite apparut sur le seuil.
_ C'est quasiment prêt les hommes, je fais l'omelette...
... La Guite finissait de garnir les assiettes lorsqu'on entendit marcher dehors et que Turc, le chien, se dressa en grognant, le poil hérissé. On frappa à la porte que Jules avait refermée à cause du soleil. La mère cria d'entrer, et Tonin dut retenir la bête au moment où les gendarmes pénétraient dans la maison. Les Matrat étaient tellement étonnés de les voir, ceux-à, qu'aucun ne pensa à leur souhaiter le bonjour.
_ C'est bien ici chez Jules Matrat, cultivateur ?
Tonin se mit à rire.
_ Alors, Honoré, c'est-y que tu me connaîtrais plus ?
Le gendarme rougit.
_ J' suis pas en promenade, Matrat, et pour l'amitié, c'est pas le moment... Si j'interroge, c'est que c'est le règlement... et il me semble qu'on ne m'a pas répondu ?
Jules se leva :
_ Je suis là...
Le brigadier lui tendit un livret et une feuille de papier.
_ Votre nouveau fascicule de mobilisation... Signez ici...

Déjà les gendarmes atteignaient la porte lorsque la mère les rappela.
_ Dites, ce que vous avez apporté à mon garçon, et que vous lui avez fait signer, sans lui donner le temps de lire, c'est pour quoi ?
_ Son livret militaire... comme qui dirait une sorte de livret de mariage avec l'armée française !
Le gendarme était assez content de lui, mais la Guite n'était pas d'humeur à apprécier l'ironie.
_ Jules, il en a fini avec l'armée ! Il a plus l'âge !
_ Madame Matrat, quand la patrie est en danger, elle a besoin de tous ses enfants !
_ Et ça veut dire quoi, ça ?
_ Que votre fils sera de ceux qui nous vengeront, qui vengeront nos pères, de ceux qui reprendront l'Alsace et la Lorraine, quoi !



samedi 2 août 2014

Le chant du départ

Plus qu’un esprit guerrier, un esprit républicain animait nos  soldats, poussés au départ contre l’ennemi par toute une société avide de liberté, d'égalité et de fraternité. Le Chant du Départ nourrissait l’idéal et donc  le courage de nos aïeux de 1914.  « La fleur au fusil » rapporte la tradition, ils le reprenaient en chœur, en marchant vers leur premier affrontement. En 1794, sur des paroles du frère d’André Chénier, Méhul avait posé des rythmes martiaux, qui ont longuement entretenu l’enthousiasme et l’esprit patriote des républicains.

Un député du peuple

La victoire en chantant nous ouvre la barrière.
La Liberté guide nos pas.
Et du nord au midi, la trompette guerrière
A sonné l'heure des combats.
Tremblez, ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil !
Le Peuple souverain s'avance ;
Tyrans descendez au cercueil.

Chant des guerriers (Refrain)


La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Une mère de famille
De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :
Loin de nous de lâches douleurs !
Nous devons triompher quand vous prenez les armes :
C'est aux rois à verser des pleurs.
Nous vous avons donné la vie,
Guerriers, elle n'est plus à vous ;
Tous vos jours sont à la Patrie :
Elle est votre mère avant nous.
(Refrain)

Deux vieillards
Que le fer paternel arme la main des braves ;
Songez à nous au champ de Mars ;
Consacrez dans le sang des rois et des esclaves
Le fer béni par vos vieillards ;
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus,
Venez fermer notre paupière
Quand les tyrans ne seront plus.
(Refrain)

Un enfant
De Bara, de Viala le sort nous fait envie ;
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie :
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guidez-nous contre les tyrans ;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants.
(Refrain)

Une épouse
Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;
Partez, modèles des guerriers ;
Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :
Nos mains tresseront vos lauriers.
Et, si le temple de mémoire
S'ouvrait à vos mânes vainqueurs,
Nos voix chanteront votre gloire,
Nos flancs porteront vos vengeurs.
(Refrain)

Une jeune fille
Et nous, sœurs des héros, nous qui de l'hyménée
Ignorons les aimables nœuds ;
Si, pour s'unir un jour à notre destinée,
Les citoyens forment des vœux,
Qu'ils reviennent dans nos murailles
Beaux de gloire et de liberté,
Et que leur sang, dans les batailles,
Ait coulé pour l'égalité.
(Refrain)

Trois guerriers
Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,
À nos épouses, à nos sœurs,
À nos représentants, à nos fils, à nos mères,
D'anéantir les oppresseurs :
En tous lieux, dans la nuit profonde,
Plongeant l'infâme royauté,
Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.
(Refrain)